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rp:altay20121211

Réflexions

Cette fin de run avait été difficile. Les informations se bousculaient au portillon, et si indépendamment, les événements étaient logiques, l'ensemble ne semblait pas faire de sens. Rentré directement de l'hôtel, le nain n'avait même pas jeté un oeil à ses commlinks publics. Sa veste et son costume gisaient en vrac au milieu du séjour, ses chaussures faites sur mesure traînaient à côté de la porte. Tout pouvait attendre. Une poignée de commandes au système domotique expédiées en un clin d'oeil lui garantissait une certaine tranquillité pour au moins deux jours. Pas de visiteur, une lumière tamisée, les CI en patrouille, un léger fond sonore zen, et Splenters s'écroula du sommeil des justes. Enfin, presque.
Le contre-coup du Longue Marche lui garantit un sommeil décent d'un bon jour et demi. A son réveil, le drone majordome lui avait déposé un copieux petit-déjeuner sur la table de nuit. La lumière naturelle filtrait légèrement à travers les grandes baies vitrées du loft. Une lente et douce musique planait délicatement dans la pièce. Splenters avala rapidement quelques bouchées, avant de consulter ses différents commlinks. Deux messages professionnels, pour un job minable d'audit de sécurité. Ça attendrait. Ah, le garage lui signalait que la limousine était prête. D'ailleurs…

Son regard se posa sur le bloc de métal calciné à l'autre bout de la pièce. Putain.

Retour au commlink. Son abonnement annuel à FallschirmTV allait expirer. Désirait-il le renouveler ? Bon. Peut-être. Un message de la milice du quartier, demandant s'il fallait renforcer les patrouilles autour de son domicile suite à ses absences régulières. Quelle bande de fachos… Il appréciait la sécurité du quartier, mais regrettait parfois la paranoïa latente de certains de ses voisins.

Bon. Splenters se leva. 15H13. Rapidement, il enfila le linge propre que venait de lui apporter le Renraku Manservant®. Machinalement, le nain se déplaça vers son « bureau ». La vue du bonsaï le réconfortait quelque peu. Il trônait sur l'étagère, fièrement, immuable. Le nain balaya d'un geste de la main les pièces détachées d'un vieux commlink Sony Emporor® à moitié bousillé. Il réalisa alors que le flingue était là. Les flammes et la chaleur avaient anéanti toutes les améliorations que l'armurier y avait installées. Armé d'un chiffon, Splenters entrepris de retirer les cendres, soigneusement. Les traces de brûlures étaient toujours aussi visibles, mais on distinguait encore vaguement l'inscription qu'il avait fait graver sur le côté. « C'est lorsqu'on est environné de tous les dangers qu'il n'en faut redouter aucun. ». Il ne s'était jamais autant senti concerné par ce proverbe.

Il déposa le Predator sur l'étagère, avant de commander un socle pour une poignée de nuyens via la matrice. Ce serait un bon rappel le jour où il serait tenté de baisser sa garde. Au bout du compte, Splenters se sentait redevable envers Eidolon. Ramener le flingue était assez inattendu de sa part, et même si en l'état, il ne valait plus grand chose, ce qu'il symbolisait était extrêmement précieux.

D'un tiroir, Splenters extrait un petit datalock, qu'il connecta immédiatement à son commlink, avant de déverrouiller son contenu. Les fichiers flottaient devant lui par la magie du projecteur RA. Ça n'avait aucun sens. Ses infos personnelles sur la Shiawase, sur les Yakuzas du Ishizuka-gumi, les dissidents du Wanibuchi-rengo… Non, ça ne pouvait pas être lié. Il débrancha le datalock, avant de le reposer, verrouillé, dans le tiroir. Il projeta alors les dernières infos sur la nanoforge. MCT était réputé pour ses liens avec les Yakuzas, c'était certain. Mais si on exclue le Mi-Sen Leng, ça laisse assez peu de monde à Munich. A moins que ça ne soit les Fon qui se sont encore lancés dans une partie d'échecs à grande échelle.

Récapitulons. Jin est hors de cause, il en mettrait sa main à couper. Il a toujours été parfaitement honorable, et son passé joue en sa faveur. Le rat au bandeau, par contre… Peut-être une obscure sous-famille ? Il faudrait gratter plus en détails. Le rôle des Triades restait obscur également. Il est clair qu'ils en avaient après la nanoforge, mais était-ce vraiment tout ? Aussi simple que ça ? Enfin, comment MCT venait-elle s'imbriquer dans tout ça ? Y avait-il quelque chose qu'ils avaient loupé à propos de la nanoforge ? Après tout, Gomorrah est une filiale de ces cons de chez Aztechnology, ils ont sûrement dû l'adapter à leurs besoins. MCT voudrait-elle faire de la rétro-ingénierie ?
Et si Gomorrah avait fini par remonter leur trace ? Et s'ils avaient décidé de se servir pour récupérer leur matos ? Non. Improbable, ils seraient déjà morts dans ce cas là. D'autant que les infos qu'il avait récupéré sur le troll, Leïk, convergeaient toutes : ce type runnait alternativement pour les Yakuzas et pour MCT. Ça vient forcément des Yakuzas. Putain. Ça peut pas être le Mi-Sen Leng. Pas Jin. C'est pas le genre d'embrouilles qui intéresse les Fon. Et si ça venait du Japon ?!

Pendant un instant, Splenters contempla le système Virtual Weather®, le regard vide. Un long frisson lui parcouru l'échine.

Il lui fallait des nuyens. De quoi remplacer son matos. Effectuer quelques ajustements sur la limousine. Contacter Ray, histoire d'occuper les types du Tir pendant quelques temps. Maintenant qu'ils avaient le lien entre Oggodt, Sven, lui et Eidolon, ils étaient tous potentiellement concernés.

*bip bip*
Un message. « Ray », indiqua la lecture vocale. « Voulez-vous lire le message ? ». Splenters répondit par l'affirmative : « Lis-le. »
« Salut, Splenters. J'ai entendu dire que ça commençait à dégénérer dans le quartier asiat'. La rumeur raconte que tu t'es fait tirer une cargaison par les Triades, j'espère que tu sais ce que tu fais. Avec l'agitation, j'ai du mal à te dégoter des jobs, je te rappelle si je trouve quelque chose. Comme d'hab', pense à moi si tu as du neuf. »

* Fin du message*

Bien. Splenters fouilla dans ses archives vidéo, afin d'en extraire les visages des trois assaillants. Il suffisait de transférer ça à Ray, et les deux elfes survivants allaient se trouver avec la moitié des anti-fascistes de Munich sur le dos. Plus une ou deux personnes plutôt concernée par le fait que le Tir s'autorise à chasser hors de sa juridiction. De quoi leur faire les pieds un moment. Une fois le transfert effectué, Splenters entreprit d'examiner minutieusement le commlink récupéré sur le traqueur du Tir. Du matériel de bonne facture, doté d'une CI de défense plutôt correcte qu'il s'empressa d'extraire. Mais malheureusement vide d'informations, excepté le dossier sur Eidolon. Il passa en revue une nouvelle fois les photos où il apparaissait en sa compagnie. Difficile de dire depuis combien de temps ces types là étaient sur la piste de l'elfe. Il se sentait vaguement mal à l'aise à l'idée que les traqueurs en aient plus sur lui que ces quelques photos, mais les fichiers ne semblaient rien relever de sensible.

Chiffrant par la pensée le dossier dans une partie sécurisée de son commlink, il démarra la réinitialisation du commlink. Léger, solide et discret, il pourrait remplacer avantageusement son terminal public habituel. Tandis que son nouveau système d'exploitation optimisé s'installait sur le commlink, Splenters transféra une commande à son garagiste. Vu les derniers coups fourrés, il valait mieux être prudent. La réponse ne tarda pas, accompagnée de la facture, bien entendu.

Le hacker s'étira quelques peu. Le ronron du Renraku Menservant®, affairé au repassage de ses vêtements était le seul signe d'activité dans l'appartement. Le temps d'un battement de cils, et Splenters parcourait les catalogues des meilleures armuriers du moment.

Alors que la nuit avait déjà obscurci le ciel munichois depuis quelques heures, Splenters achevait sa commande auprès de ses « fournisseurs » favoris. Tout serait prêt dans moins d'une semaine. Le temps pour Oggodt se sortir de son caisson. Le temps pour lui de mettre son cerveau en pleine action. Ce soir cependant, il allait se permettre un petit écart. Sur son ordre, le drone lui prépara un délicieux steak, accompagnés de quelques légumes pour l'occasion, accompagné d'une bonne bouteille de vin. Et surtout, sur le plateau qu'il apporta à Splenters, assis sur le lit, devant la soupe corporatiste du journal du soir, se trouvait une tablette de chocolat véritable, qu'il conservait pour les grandes occasions.

« C'est lorsqu'on est environné de tous les dangers qu'il n'en faut redouter aucun. »

rp/altay20121211.txt · Dernière modification: 2015/02/18 20:36 par Altay