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rp:csame20130220

Intrus

Au tumulte avait succédé le silence, à la rage et au sang le confort et la propreté.

Dans cet environnement calme et aéré, à l'air pur et cristallin, Oggodt ne se sentait pas à l'aise. Il s'y sentait sale et de trop. Il s'y sentait mal. Cette opulente propreté ne faisait qu'exalter la saleté et la laideur du monde qu'il excluait derrière les frontière de l'arcologie. Trottait à côté de lui l'un de ces esclaves corpo au costume cravate de rigueur qui lui vantait les mérites de l'arcologie. Oggodt ne l'écoutait pas. Il s'amusait à marcher à grandes enjambées pour obliger le mec à trottiner à côté de lui pour rester à sa hauteur.

Il ne savait pas où étaient les autres. Eidolon avait vaguement mentionné le fait qu'elle voulait s'entraîner. Splenters devait être en train de s'amuser avec ses trucs matriciels. Sven était probablement stone dans sa chambre en train d'écouter sa musique. Quant au nouveau, là, En'dol, il avait été méchamment amoché lors de la baston dans le centre de recherche. Sven avait dû l'amputer des deux jambes. Il devait probablement encore être à l'hôpital. Oggodt avait beau avoir assez peu de respect pour le nouveau, il compatissait tout de même à son sort. Il avait lui-même passé pas mal de temps à l'hôpital, il savait ce que c'était.

Oggodt dormait mal, ces derniers temps. Le confort inhabituel des chambres qui leur avaient été attribuées n'y changeait rien. Le contraste entre la misère de sa vie quotidienne et le luxe écœurant de cette arcologie le dégoûtait. Il avait l'impression de vivre dans une cage dorée, il avait l'impression que le seul objectif de cette bulle de luxe était de mettre des œillères à ses occupants pour leur masquer l'affligeante vérité : le monde était cassé, sa beauté d'antan irrémédiablement perdue, sa candeur définitivement dissoute par l'égoïsme intrinsèque de l'humanité — qualité que partageait hélas également sa progéniture dégénérée, les métahumains.

Fuir. Fuir ce monde à la dérive. S'acheter l'un des derniers bouts de paradis que s'arrachaient à coups de millions les nantis. Tel était son objectif, pour lui, pour sa mère — et éventuellement pour ces runneurs qu'il en venait presque à considérer comme des amis. Et pour ça — putain — il lui fallait du fric. Du fric.

rp/csame20130220.txt · Dernière modification: 2014/07/22 15:41 par Csame