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rp:csame20131203

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ZweiBrücke.

Oggodt n'avait pas le cœur à faire du tourisme, pourtant la ville aurait presque pu s'y prêter. Il paraît qu'il y a genre un siècle, il y avait une grande base militaire qui occupait un bon tiers de la ville, puis que les militaires étaient partis, laissant à l'abandon cette partie de la ville, qui avait depuis lors été reconquise peu à peu par l'urbanisation.

Il était en ce moment avec Splenters qui était occupé à faire ses trucs dans la matrice. Lui repensait à ce qui venait de se passer : voici quelques heures, Endoll et Sven avaient loué une camionnette pour aller récupérer le matos qu'ils avaient laissé dans la safehouse à Pompéï, à l'entrée de la SOX. Sauf, qu'évidemment — ça devenait une constante dans leur groupe — ça ne s'était pas passé comme prévu. À leur arrivée sur les lieux ils se retrouvèrent couverts des petits points rouges caractéristiques des lasers de snipers. Eckhart, le mec de SR, s'apprêtait manifestement à faire incinérer toutes leurs possessions restées sur place. C'est à ce moment là qu'Oggodt avait reçu l'appel d'Endoll qui démarra une vidéoconférence entre les shadowsrunners et Eckhart. Ce dernier, goguenard, accepta de laisser la vie sauve à Sven et Endoll à condition que le groupe fasse retomber le fiasco de la mission de récupération du ruthénium sur son supérieur hiérarchique. Pour ce faire, il leur fallait infiltrer les serveurs centraux de Saeder Krupp, rien que ça. Bon, à la clé, il y avait la récompense qui était prévue pour la caisse de ruthénium, mais ce ne serait certainement pas une mince affaire.

Évidemment, ils n'avaient eu d'autre choix que d'accepter, ou du moins de feindre d'accepter, cela restait à déterminer. Dire que leurs relations avec Saeder Krupp semblaient compromise était un doux euphémisme. Oggodt fut soudain saisi d'un sentiment de peur panique et composa immédiatement le numéro l'appartement de Munich qu'il partageait avec sa mère. « Non, pensa-t-il, tout mais pas ça ! » Pendant que les tonalités s'égrenaient de leur son monocorde, Oggodt se maudissait : pourquoi, putain, pouquoi avait-il fallu qu'il demande à Saeder Krupp de veiller sur sa mère ? Certes, c'était à un moment où leurs relations étaient bien meilleures, mais il aurait dû savoir, putain ! Ça sonnait dans le vide.

Il essaya de rassembler ses esprits. Aller à Munich ? Maintenant ? Tout plaquer ? Prendre le prochain train ? Non, putain, il ne pouvait pas abandonner Eidolon à son sort. Fuck, fuck, fuck. Il se dirigea vers Splenters pour l'informer qu'il partait, mais au dernier moment il se ravisa et appela un vieux pote d'enfance, devenu ganger entretemps, qui faisait la loi dans le guetto munichois où il avait élu résidence. « Décroche, Jed, putain ! Décroche ! ». Il laissa un message sur son répondeur : « Putain, Jed ! C'est moi. Euh, je veux dire c'est Oggodt. Rappelle-moi steplait. Je suis dans la merde mec… Tu sais ou es maman ? Je veux dire Martha ? J'ai pas de nouvelles d'elle depuis un moment… Je sais que c'est dans ses habitudes de… Bon… Rappelle-moi. »

Il raccrocha. Il alla consulter les horaires de train. Le prochain pour Munich partait dans une heure. Le temps de faire ses valises, il pouvait encore l'avoir. Il commença à fourrer toutes ses affaires à la va-vite dans son sac à dos. Il fut interrompu par la sonnerie de son commlink qui le fit sursauter. C'était un message de Jed : « Je l'ai pas vue dans le quartier récemment, tu veux que je passe chez toi ? ». Il composa immédiatement la réponse, l'estomac serré : « Oui, le code pour l'entrée dans l'appart' est 65157482 ». Il n'avait pas été changé depuis une éternité, et ça aurait étonné Oggodt que sa mère eût prit l'initiative de le faire. Un autre message, vint quelques minutes plus tard : « Je passe tout à l'heure, au fait si t'as un acheteur pour des puces, on a un arrivage direct des trucs, des putain de bons tripchips ». Plus pour mettre Jed dans de bonnes dispositions que parce qu'il était réellement intéressé il répondit : « Je vais en parler un pote, tu peux m'envoyer les specifics ? »

Ignorant les regards en coin suspicieux de Splenters qui bossait toujours sur le lien étrange entre les deux drones d'Eidolon — ce qui semblait être la seule piste pour la secourir — Oggodt attendait le message de Jed. Si elle ne venait pas à temps, il raterait le prochain train et devrait prendre le suivant. Inévitablement, il rata le départ d'un train, puis d'un deuxième. Le message de Jed vint finalement en début de soirée, alors que Sven et Endoll venaient de revenir de Pompéi avec le matos. Endoll n'était pas face pour rien : il remarqua immédiatement qu'Oggodt était sur les nerfs. Si Sven remarqua quelque chose, il ne fit pas la moindre remarque.

Enfin, la réponse vint : « Je suis passé, j'crois qu'elle va bien, mais elle est complétement perchée, j'pense qu'elle a même pas calé que t'étais parti. Elle ma filé son vieil autocuiseur, tombe bien le mien a lâché et j'y ai descendu ses poubelles. Tu f`ras gaffe par contre, y a une bande de petits cons qui traînent dans ta tour.Je leur ait fait un peu peur mais faudrait voir qu'y vienne pas faire chier ta vieille ». La tension retomba d'un coup. Oggodt se laissa tomber sur un vieux canapé défoncé qui traînait dans la planque et qui gémit sous le poids de ses deux quintaux. « Ok, men, merci pour le coup de pouce j'ai eu peur que des emmerdeurs corpos soient venus la faire chier. Tu pourrais garder un oeil sur elle à l'occaze et me tenir au jus ? Je te tiens au courant pour la came ». La réponse ne tarda pas : « j'suis pas ton larbin, mais j'passerai de temps en temps. Tu m'en dois une. Pour le beetle, je peux en avoir plus ». Suivirent une liste de BTL aux noms évocateurs auxquels Oggodt prêta une attention relative, tout au soulagement que sa mère allait bien. Enfin, si par « bien » on entendait alcoolo et à moitié comateuse. De toute façon il s'était fait à l'idée que l'alcool ne viendrait pas à bout de sa mère aussi rapidement : ça faisait des années qu'elle survivait malgré sa consommation industrielle. 'fallait croire qu'il en fallait plus pour entamer la constitution d'un troll.

Oggodt tendit une canette de bière à Endoll et Sven. Il pouvait enfin penser à autre chose qu'à Martha, sachant que cette dernière était au moins temporairement en sécurité et que Jed veillait sur elle d'un œil.

Il était temps de se demander ce qu'ils allaient faire, et Splenters avait des nouvelles : Eidolon était en vie.

rp/csame20131203.txt · Dernière modification: 2015/01/13 16:46 par Csame